Plovdiv, la plus ancienne ville d’Europe encore habitée ?

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Apparue plus tôt que Rome et Athènes, Plovdiv serait la plus ancienne ville d’Europe encore habitée. Avec plus de 330 000 habitants, il s’agit également de la deuxième ville bulgare derrière Sofia.

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Prenant sa source à Rila, la Maritsa traverse la ville.

La « ville des sept collines » a porté de nombreux noms différents au cours de l’histoire : Philipopolis est le plus réputé, donné par Philippe II de Macédoine. Capitale de la province Thrace, elle sera appelée Trimontium par les romains. Пловдив sera la capitale européenne de la culture en 2019.

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L’amphithéâtre de Plovdiv date du II e siècle. Restauré depuis, il a été découvert par un important glissement de terrain en 1972 au cours des fouilles menées par le musée archéologique de Plovdiv de 1968 à 1979. De nombreux événements y sont encore organisés aujourd’hui.

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Le poète français Alphonse de Lamartine y a résidé en 1833 dans une maison de couleur beige construite en 1830. Il insistera principalement sur l’hospitalité bulgare. Aujourd’hui, un musée lui est dédié.

L’architecture curieuse du monument de Bouzloudzha (Бузлуджа)

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À partir de sa création en 1981, le monument qui surplombe le Mont Bouzloudja, communément appelé « Maison du Parti Communiste Bulgare » ou le Monument de Bouzloudja, accueillait les congrès soviétiques de la République Populaire de Bulgarie.

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Élevée sur les hauteurs entre Gabrovo et Stara Zagora, la « salle des congrès » est clairement visible depuis le monument de Shipka. 

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Elle vient faire référence à Dimitar Blagoev et l’origine du mouvement socialiste. Son financement provient principalement de dons directs des bulgares. À l’intérieur on trouve une immense salle et de nombreuses mosaïques de verre et de marbre.

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Aujourd’hui, ce curieux bâtiment  est à l’abandon. Jusqu’en 2016, il était possible d’y pénétrer mais toutes les entrées sont à présent condamnées. Sa rénovation et son entretien coûterait trop cher. Le gouvernement transféra sa propriété au Parti Socialiste Bulgare en 2011.


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Le monument de Shipka (Шипка) : Le lieu de rendez-vous du 3 mars

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La construction du mémorial de Chipka (паметник  » Шипка ») fut entamée en 1896 sur les hauteurs du village de Chipka. L’architecte Atanas Donkov et le sculpteur Aleksandar Andreev dessinent et élèvent le Mémorial. Inauguré en 1934, il mesure plus de trente mètres. Un lion en bronze de huit mètres représente la puissance bulgare.

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Dans la première pièce à la base du monument, un sarcophage en marbre contient des ossements de victimes russes et bulgares.

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Le mémorial est érigé en l’honneur des morts pour la libération de la Bulgarie au cours de ces batailles. Pour atteindre le sommet, il est possible d’emprunter une petite route ou un escalier de plus de 800 marches.

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Le 3 mars, jour de la fête nationale de la République de Bulgarie, les bulgares sont très nombreux à se rendre au Mémorial de Chipka associé à la libération de la Bulgarie du joug ottoman. Le village en contre-bas se développe au cours des affrontements entre le Deuxième État Bulgare, des volontaires de différents pays mais principalement russes et l’Empire Ottoman au cours de la guerre russo-turque de 1977 à 1978. Les combats visaient le contrôle du Col de Chipka, passage stratégique au cœur du Grand Balkan.

Kazanlak (казанлък), un élixir culturel

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Kazanlak est une ville d’environ 80 000 habitants de la vallée des roses, dans la région de Stara Zagora. De nombreuses tombes Thrace ont été retrouvées et conservées dans la vallée. C’est aussi la capitale de la Rose et un lieu privilégié des manifestations liées à la fête de la Rose au Printemps. Elle propose plusieurs musées pour ses visiteurs mais le plus réputé reste le « Musée de la rose » qui est unique au monde. Né d’une petite exposition au musée historique Iskra en 1967, il devient un musée en 1969. Il contient aujourd’hui des milliers d’objets et outils liés au commerce de la rose oléagineuse en Bulgarie. Le musée comporte également une boutique où élixir, liqueur, savons et autres dérivés produits à Kazanlak sont vendus.

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La tombe thrace la mieux préservée de Bulgarie s’y trouve également. Ce tombeau à coupole dit de « Seuthopolis » (ancienne capitale Thrace) fut découvert en 1944. Elle date du début du III e siècle av. J.-C. Le plafond de la tombe comporte une fresque murale en très bon état. Il n’est pas possible d’entrer dans la tombe inscrite au patrimoine de l’Unesco. Par contre, sa reproduction à quelques dizaines de mètres dispose également de précisions supplémentaires à son sujet ainsi que d’objets.

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Igor-Alban Chevalier au festival des arts numériques de Varna Futuro : « Je me sens plus proche des gens d’ici »

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Igor-Alban Chevalier : Le concept-artiste Igor- Alban Chevalier, aussi connu sous le nom de « The Black Frog » – « La Grenouille Noire », est polyvalent. Sculpteur, graphiste, illustrateur, il porte de nombreuses casquettes et sur certains projets plusieurs en même temps. Après des études d’arts appliqués à Nîmes, il intègre L’École Internationale de la Bande Dessinée de Saint-Luc à Bruxelles. Malheureusement, son travail d’illustrateur n’est pas tout de suite reconnu. Il se spécialise en design dans le domaine du jeu vidéo et du cinéma en travaillant notamment pour Jim Henson’s Creature Shop. C’est ce qu’il fait depuis une quinzaine d’années, sans pour autant avoir vidé ses tiroirs plein de concepts, de mécaniques de jeu, d’illustrations et d’histoires. Il a travaillé en tant que designer sur des films internationalement connus comme les X-Men ou encore comme directeur artistique sur Le Pacte des Loups. Il développe à présent trois jeux dont un en particulier où il incarne le personnage principal.

Plus d’informations sur son site

Au cours de la deuxième édition du festival international des arts numériques de Varna Futuro, « The Black Frog » s’est prêté au jeu de répondre à quelques questions le concernant.

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Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Pour quelqu’un qui ne me connaît pas, depuis un peu plus d’une vingtaine d’année je suis un concept-artiste dans le monde du jeu vidéo et du film sur de gros projets : soit sur des AAA américains soit sur des films hollywoodiens.

Tu es connu sous le nom de « The Black Frog », quelle en est l’origine ?

C’est un mélange de situations et de circonstances. J’ai commencé à travailler dans l’industrie du cinéma en tant que sculpteur et concept-artiste pour l’entreprise Jim Henson’s Creature Shop – l’atelier de créature de Jim Henson, créateur des Muppets – dont sont issues les premières productions indépendantes The Dark Crystal et Labyrinth. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de travailler avec eux. J’étais amoureux de ces deux films. J’étais le seul français dans l’équipe, le seul « froggy » (ndlr : les français sont appelés froggy car ils ont la réputation de manger des cuisses de grenouilles). J’étais tout le temps habillé en noir et le seul à développer des idées un peu sombres et tirées par les cheveux. À partir d’un moment, j’ai été nommé en France directeur artistique pour la bête du Gévaudan dans le Pacte des Loups. Responsable du design de la bête, c’est la première fois qu’on me donnait la casquette de directeur artistique. Lorsque je communiquais avec mon supérieur par e-mail depuis la France, j’avais pris l’habitude de signer comme un espion « The Black Frog ». C’est resté.

Tu as déjà participé à la première édition du festival Futuro à Varna l’année dernière, que penses-tu de cette deuxième édition ?

C’est bien mieux organisé, on ne s’électrifie plus le bout du nez sur les micros (rires). Les organisateurs commencent à avoir de l’expérience pour faire tourner la machine. C’est agréable.

Tu es également sculpteur, est-ce que tu penses que le côté art traditionnel pourrait être développé dans ce festival ?

Je ne sais pas si cela a une place dans ce festival. Si la direction de Futuro reste l’Entertainment (divertissement) centrée sur le Jeu Vidéo et le Cinéma, il n’y a pas vraiment de place pour les sculpteurs. La seule raison pour être un sculpteur à l’heure actuelle, c’est de travailler dans une entreprise de créatures destinées à être animatroniques(1), de vraies créatures. Dans ce cas, il faut des sculpteurs pour les peindre, pour les tirer en silicone, pour les animer avec un robot en dessous. Mais cela commence à disparaître parce que la CG (ndlr : Computer Graphics) s’améliore de jour en jour.

Que penses-tu des artistes bulgares ?

Ils sont présents depuis longtemps. Je connaissais déjà leur travail depuis une dizaine d’années, sur un des forums les plus importants de l’époque Concept-art.org – organisé par l’entreprise Massive Black – pour les artistes confirmés. Il y en avait un second francophone, Café-salé. Ce dernier a un peu disparu. Depuis, Massive Black s’est désolidarisé de Concept-art.org. Pendant un temps, les forums nous ont enfin permis de communiquer entre nous, de générer une émulation et de partager nos créations. Aujourd’hui, c’est un peu étrange. À propos de la communication entre artistes, nous sommes comme tout le monde, happés par Facebook. Bombardés d’informations, on a plus le temps de rien. Nous sommes comme des souris de laboratoires lobotomisées, incapables de nous concentrer plus d’une seconde sur quelque chose. En ouvrant notre ordinateur le matin, on se fait submerger d’informations. On voit le travail d’autres artistes en quelques secondes, on « like » et c’est tout. On passe un quart de seconde sur les images. Tu vas aimer un travail, consulter deux ou trois autres œuvres du même artiste mais finalement tu ne lui donnes que quatre secondes de ton temps avant de passer à autre chose. Même entre nous, même si nous nous apprécions, on prend rarement le temps de s’envoyer des messages. Un festival comme celui-ci, c’est super pour nous car cela nous permet enfin de nous rencontrer, de nous raconter des choses et de partager une bière.

C’est la deuxième fois que tu viens à Varna, que penses-tu de la ville ?

Varna est une ville intéressante, j’avais rarement voyagé aussi loin à l’Est. Je ne connaissais pas la Bulgarie. Je connais bien Prague et j’y emménage à la fin du mois. Ici les gens sont chouettes, ils sont simples dans le bon sens du terme : les choses importantes sont les choses simples. Je trouve qu’ils vivent bien, je me sens plus proche des gens d’ici que de ceux que tu peux rencontrer en Angleterre ou aux États-Unis quand tu travailles. Ils ont une vision bien plus agréable de la vie. J’ai passé une bonne partie de ma vie à vivre comme un mercenaire passant d’un travail à un autre, mais il y a autre chose dans la vie – et pas seulement le boulot, le boulot, le boulot. Cela peut rendre fou.

Vas-tu garder un souvenir en particulier du festival de cette année ?

Non, pas particulièrement. À chaque fois qu’on passe un moment ensemble on s’éclate.

Es-tu intéressé par les jeux de société ? as-tu déjà travaillé dans ce milieu ?

J’étais à deux doigts de créer une entreprise de jeux de société. Entre 17 et 23 ans, j’ai créé environ trente concepts de jeux de société. Cela faisait treize ans que je jouais à des jeux de rôle ou de plateau. Au bout d’un moment, j’étais frustré de ne pas trouver exactement ce que je voulais sur les étagères des magasins et ai commencé à créer mes propres concepts, à écrire mes propres histoires et règles du jeu – ou une absence de règle et une manière différente de jouer. Étant très visuel, j’avais également envie de voir de nouvelles choses. J’avais plusieurs projets avec deux partenaires, mais cela ne s’est pas fait. Je n’ai pas abandonné l’idée, j’ai gardé ces trente projets dans mes tiroirs. Après un coup de peinture, j’essaierai d’en adapter en jeux vidéo. Devenu un spécialiste du jeu de plateau et du jeu de rôle, mes idées et mécaniques de jeu devinrent complexes. C’est en étant complexe qu’un jeu devient intéressant. Lorsque c’est trop complexe, il n’y a que les hardcore gamers qui comprennent. À un moment, cela devient compliqué pour un jeu de plateau mais cela se traduit très bien sur un ordinateur, puisque beaucoup d’étapes se déroulent automatiquement. Civilization en est un bon exemple. C’est exactement le même jeu, mais c’est certainement plus fluide sur ordinateur.

HeadAche IAC

Tu seras le héros d’un jeu que tu développes « HeadAche », où en est le projet ?

Si tout se passe bien, en principe, un développement de jeu prend deux ans – si les financements suivent. J’ai fait l’écriture, le graphisme et l’animation. Un ami fait la musique, qui est géniale. C’est un mélange entre un Zelda et un Monkey Island en « super dark ». Il y a des dialogues complètement débiles, des tonnes et des tonnes d’histoires parallèles à répéter. Il est possible de redémarrer le jeu deux-trois fois de manière complètement différente. Il y a également plein de secrets à découvrir. Je suis un vieux joueur, tout le côté des anciens Zelda qui favorisaient l’exploration par des Easter Eggs (ndlr : secrets, zones cachées, clins d’œils des développeurs) m’amuse énormément. Je suis un conteur à la base, ce qui m’intéresse est de raconter une bonne histoire. Je réfléchis donc beaucoup aux outils que je peux adapter et utiliser pour mettre l’histoire en valeur. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai autant de styles différents.

  1. Une animatronique est une créature animée ou robotisée réalisée en général avec une peau en latex et des mécanismes internes permettant de lui donner une apparence de vie.

 

 

 

Découvrez la Ville de Varna au bord de la Mer Noire et la Bulgarie

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